Le travail en mode hybride, c'est nouveau ?




Souvenons-nous... Nous sommes en 1963. Maija Isola, l'artiste-designer phare de la célèbre marque finlandaise d'édition de tissus Marimekko, se sent à l’étroit dans le nouveau bureau qui lui est réservé. L’artiste a passé les dernières années à voyager à travers le monde en quête d'inspiration et les modes de travail que lui réserve la société d'édition textile d'Helsinki, comme celui notamment de décompter ses heures de travail avec précision, ne conviennent guère à son esprit créatif. Lorsqu’elle demande à ce que soit installé un canapé dans son bureau pour lui permettre de s’allonger (cette position étant celle qui favorise son inspiration), la direction le lui refuse. C’en est trop pour cet esprit libre ! Elle annonce son départ. Armi Ratia, fondatrice de la marque, consciente qu’elle pourrait perdre l’une de ses collaboratrice phare, assouplit les règles et lui autorise le travail à la maison. Elle obtient également le droit d’organiser sa production et son rythme de travail comme elle l’entend. Elle en profite aussi pour travailler en musique "car, confie-t-elle dans sa correspondance, elle s'accorde très bien avec ses pensées". Grâce à cet accord de principe conclu entre la marque et sa collaboratrice, de nouvelles séries verront le jour. Plus de 500 modèles, dont le célèbre motif fleuri Unikko qui assurera à Marimekko la prospérité. La collaboration se poursuivra jusqu’en 1987 à l’aide de télégrammes et de points de rencontres réguliers qui ponctueront les nombreux déménagements de la designer en France, en Algérie, aux États-Unis puis son retour en Finlande… Leurs deux noms resteront indissociables. Voilà une belle source d'inspiration pour les DRH d'aujourd'hui qui doivent savoir écouter les besoins de leurs collaborateurs pour accompagner la révolution du travail en cours au risque de perdre leurs meilleurs talents et la promesse d'un avenir meilleur.

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